Le départ
Partir sur un coup de tête, ça ne nous ressemble pas, bien que, vue de l'extérieur, c'est peut-être l'impression que cela a donné.
Partir est l'action qui solde la somme de notre détermination, de nos rêves, de notre folie, de notre confiance en la vie et de toutes nos expériences passées. Un an de planification, de prises de contacts à Paris et sa région, de mails envoyés au quatre coins du monde, d'organisation de nos vies professionnels, de préparation à quitter nos proches, à quitter la France et à dire au revoir à ceux que nous étions.
Et un jour, on s'élance, sacs au dos et cela à peut avoir l'apparence d'une décision prise... sur un coup de tête.
Bon, pas de panique, ce n'est pas comme si on partait au bout du monde...
Quoi de neuf sur les partenaires !?
- Nous sommes bien entourés : après la visite des trois classes de l'école Charles Peguy A avec des élèves motivés et très actifs, puis notre passage dans quatre classes du collège Henri Dunant où un club va bientôt s'ouvrir, nous pouvons être fiers de nos jeunes partenaires !
- Entre Colombes et Paris : le centre Binet (notre partenaire dans le 18e arrondissement parisien) fait peau neuve. En attendant l'équipe qui va participer au projet Terre de jade, nous avons été reçu par Christine Bernard pour une interview.
- Le Parisien s'en mêle : oui, môsieu, parfaitement. Non, c'est pas une blague. Bien entendu, nous vous tiendrons informés de la parution de l'article !
- On prend la route jeudi matin : nous ferons le trajet en stop puis en car à partir de Nîmes jusqu'à Tanger au Maroc.
Bye et très bonne rentrée à tous !
Le Maroc
La Mauritanie
Bonjour à tous, vous nous avez manqué !
- Rencontre avec un peuple à part : Comme vous le savez, nous sommes à Ain Ehel Taya : le puits de la famille Taya, et celle du président de la république islamique de Mauritanie, M. Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya.
L'une des premières choses que l'on remarque en vivant ici est le calme des habitants. Notre premier contact avec la population a été marqué par les codes qui régissent la vie courante : par exemple, les hommes se saluent en se serrant la main mais la refusent gentiment aux femmes qui se saluent entre elles (Mimi a eu du mal à s'y faire au début).
Toute visite est introduite par la cérémonie du thé vert à la menthe que l'on prépare devant l'invité et qu'on lui sert à (au moins) trois reprises ! Les femmes, toutes les femmes, portent un « mèhlefe », grand tissu coloré, enroulé avec art autour du corps et sur la tête. Quant aux hommes, ils portent des « daraa », boubous de couleur unie qui flottent au vent et un turban appelé « chech » noué autour de la tête.
Nous avons lié amitié avec les gérants du musée d'Atar, également enseignant et directeur d'une école de la ville. Objets typiques, textes et dessins sur chaque aspect de la vie des nomades : leur initiative est remarquable. Ils ont eu l'idée d'ouvrir ce musée (le seul de la ville) pour expliquer la culture mauritanienne aux nombreux touristes qui viennent faire des circuits dans le désert.
Nous avons récolté des informations sur la culture mauritanienne (dont nous ignorions presque tout).
Cela fait l'objet d'un dossier (lois des castes, vie des nomades, plantes médicinales ou mortelles…).
- Plusieurs « mouchkil » (problèmes) : L'échange que nous souhaitons créer avec les enfants se heurte à plusieurs problèmes. Celui de la langue d'abord : contrairement à ce que nous pensions, les enfants parlent très peu le français. La langue officielle est le hassanya, un dialecte très proche de l'arabe classique. Le français était, jusque dans les années 80s, utilisé dans la plupart des cours. Ensuite, sont venues des réformes et le français a presque disparu de l'enseignement de base.
Depuis quelques années, il est de nouveau enseigné à partir de la 2e année du primaire, mais les enfants ont beaucoup de difficultés car peu de gens parlent le français dans leur entourage. Il faudra encore attendre probablement la génération suivante pour que les gens se réhabituent au français, d'autant que la méthode d'enseignement ne semble pas très adaptée. Rares sont les jeunes du collège ou du lycée qui maîtrisent suffisamment le français pour discuter avec nous sans un interprète.
A Ain Ehel Taya, tout le monde n'a pas encore l'électricité ni le téléphone et encore moins l'Internet ! Pour l'électricité, nous pouvons acheter le gasoil nécessaire pour démarrer un groupe électrogène durant quelques heures.
Pour l'internet, il n'y a que Atar dans toute la région, et c'est à 40 Km d'Ain. Il y a un cybercafé, un seul, où nous avons passé de nombreuses heures à essayer de comprendre pourquoi la connexion au site jade-as.com (ancien nom du site) est IMPOSSIBLE !
C'est un problème de réseau. Il est difficile, dans ces conditions de maintenir le contact via le site avec les jeunes désireux de communiquer avec nous et les élèves qui discutent sur le forum !!!
Qu'à cela ne tienne, nous continuons de rencontrer des professeurs et des élèves, tout en espérant que le problème d'internet sera résolu un jour. Au pire, il reste les e-mails.
- Echanges avec les jeunes : Après une présentation de notre projet dans les classes du collège/lycée d'Ain Ehel Taya, une trentaine de jeunes sont venus nous rendre visite dans la maison du maire. Au programme : les photos de notre périple au Maroc, les vidéos de présentation vidéo de Paris et du collège Henri Dunant... et de la musique bien sûr ! On chante et on danse, à défaut de pouvoir discuter.
Par la suite, nous avons pu faire, avec ceux qui comprennent le mieux le français, une initiation à internet et allons filmer la vie du village et une présentation du groupe scolaire en leur compagnie ! Nous avons saisi l'occasion d'un déplacement à Atar pour visiter l'école des responsables du musée.
Les classes ne sont pas mixtes mais une trentaine d'élèves (filles et garçons) sur les 850 nous ont reçu : chants en arabe et en français (nous leur avons appris une chanson), jeux (souvent les mêmes qu'en France) photos et contes. Si vous demandez aux garçons de vous citer 3 pays étrangers, ils répondent sans hésiter : Argentine, Brésil et France - merci à Maradona, Ronaldo et Zidane !
A quelques dizaines de mètres de cette école se trouve l'Alliance franco-mauritanienne d'Atar. Dans ses locaux, nous avons fait un spectacle de contes musicaux devant les jeunes adultes qui apprennent le français et leurs professeurs (c'était un grand moment d'émotion !). Nous y retournerons le 27 décembre pour une soirée de « causerie » sur le thème du conte, avec un plus large public. Selon certains, le conte n'est pas assez estimé dans la culture mauritanienne...
- Notre vie au quotidien : Nous retrouvons le plaisir de faire la cuisine (vive les boîtes de conserve !). Mimi fait des beignets au poisson avec des légumes ou des beignets sucrés et Fabrice... les mange. Il s'y est mis aussi et ça convient parfaitement à la petite Raja, la petite fille de 4 ans du gardien de la maison où nous vivons et elle en rafole.
A l'occasion de la venue de M. Ould El Vil accompagné de quatre Français, nous avons visité les sources « chaudes » de Terjit (magnifique oasis entre deux montagnes), une palmeraie et nous avons pu goûté à la cuisine mauritanienne : du mouton préparé avec génie et accompagné de riz - des petits légumes avec du chameau et des crêpes (un délice). Après ça, on ne regarde plus les chameaux de la même manière... Nous avons appris à manger avec la main et aussi à ne pas nous jeter sur le plat que l'on nous présente car, ici, il y a toujours un second plat qui le suit !
L'auto-stop est notre principal moyen de déplacement car les taxis qui relient Ain à Atar ne font que deux allers-retours par jour.
Le soir, nous avons l'habitude de nous retrouver au poste de police, à la sortie d'Atar, et les agents demandent à chaque conducteur qui passe s'il peut nous déposer au village (ça marche neuf fois sur dix !). Dans le taxi, quand on peut en avoir un de Ain vers Atar, nous sympathisons avec les villageois et ...Fabrice échange des regards affectueux avec les chèvres qui sont quelquefois du voyage ! Photo à l'appui.